Comment économiser l’énergie quand on télétravaille plusieurs jours par semaine

Télétravail: pourquoi la facture grimpe alors que vous « ne faites que travailler »

Passer deux, trois ou quatre jours par semaine à la maison change complètement le profil énergétique d’un logement. Le chauffage qui restait bas en journée doit désormais maintenir une température confortable dans la pièce où vous travaillez. L’ordinateur, les écrans, la box Internet, l’éclairage et parfois une cafetière fonctionnent plus longtemps. Les pauses déjeuner se passent chez vous, avec cuisson et vaisselle en plus. Tout cela se traduit par quelques kWh supplémentaires chaque jour de télétravail. Les premières études montrent que l’effet sur le logement reste modéré mais réel: on parle d’un surplus moyen d’environ 1,4 kWh par jour de télétravail, à comparer aux 20 à 40 kWh consommés au total par un foyer.

Ce n’est pas un tsunami, mais suffisant pour se sentir « plus serré » côté facture, surtout dans un contexte de prix élevés. La bonne nouvelle, c’est qu’en organisant un minimum votre façon de chauffer, d’éclairer et d’utiliser vos appareils, vous pouvez absorber une bonne partie de ce surplus sans renoncer à un télétravail confortable.

Focaliser le chauffage sur votre zone de travail plutôt que sur tout le logement

Le chauffage est de loin le premier poste à surveiller quand on télétravaille plusieurs jours par semaine. Les experts recommandent d’éviter de chauffer tout le logement comme un week-end alors qu’une seule pièce est occupée pour le travail. L’idée est simple: concentrer la chaleur là où vous êtes, et accepter que le reste du logement reste un peu plus frais pendant la journée. Dans la pratique, cela signifie que si vous le pouvez, vous installez votre bureau dans une pièce que vous pouvez isoler: porte qui ferme, fenêtres correctes, peu de courants d’air.

Les conseils d’économie préconisent de viser une température autour de 19 degrés dans la zone de travail, ce qui est suffisant pour rester à l’aise en tenue normale, à condition de ne pas être en tee-shirt du matin au soir en plein hiver. Dans les autres pièces, une température plus basse, autour de 16 degrés, reste acceptable si elles ne sont pas occupées longtemps. Vous gardez ainsi une ambiance confortable là où vous passez votre journée, sans payer pour chauffer des volumes inutiles.

Profiter au maximum de la lumière naturelle pour limiter l’éclairage artificiel

En télétravail, vous passez de longues heures devant un écran. Si votre bureau est loin d’une fenêtre, vous allumez tôt la lumière, parfois toutes les lampes de la pièce. Les recommandations des fournisseurs d’énergie et des spécialistes du télétravail convergent pourtant: installer son poste de travail près d’une source de lumière naturelle est l’un des meilleurs moyens de limiter la consommation d’éclairage, tout en améliorant le confort visuel. Choisir un coin de pièce bien exposé, ouvrir volets et rideaux en grand et orienter l’écran pour éviter les re ets permet souvent de travailler une bonne partie de la journée sans allumer le plafonnier.

Quand la lumière naturelle ne suffit plus, privilégier une lampe de bureau LED, ciblée sur le plan de travail, consomme beaucoup moins qu’un plafonnier puissant qui éclaire toute la pièce. Ce sont des ajustements très simples, qui ne demandent pas d’effort une fois mis en place, mais qui réduisent la petite consommation d’éclairage qui s’ajoute chaque jour de télétravail.

Choisir un équipement informatique adapté et bien réglé

La consommation des appareils de bureau n’est pas gigantesque comparée au chauffage, mais elle n’est pas négligeable si l’on additionne ordinateur, écrans, box, imprimante et accessoires. Les guides pratiques recommandent clairement d’utiliser un ordinateur portable plutôt qu’un PC fixe quand c’est possible: un portable consomme généralement moins d’électricité pour un niveau de performance suffisant dans la plupart des usages de bureau. Au-delà du choix du matériel, le réglage fait une vraie différence. Réduire la luminosité de l’écran, activer les modes économie d’énergie, paramétrer une mise en veille automatique après quelques minutes d’inactivité et éteindre complètement l’ordinateur et les écrans pendant les pauses plus longues ou enfin de journée évite une consommation silencieuse mais continue.

De même, la box Internet n’a pas besoin de rester allumée toute la nuit si vous ne l’utilisez pas. En adoptant ces réflexes, vous gardez le même confort de travail tout en réduisant l’électricité consommée par votre petit « parc informatique domestique ».

Organiser sa journée pour regrouper certains usages et profiter des bons

Travailler chez soi modifie vos horaires d’utilisation de certains appareils. Vous faites chauffer l’eau pour le café, vous cuisinez, vous faites parfois une machine de linge ou une vaisselle en journée. Les conseils d’économies d’énergie proposés par plusieurs fournisseurs invitent à profiter du télétravail pour mieux caler ces usages sur les moments les plus favorables. Par exemple, si votre contrat propose des heures creuses en milieu de journée ou la nuit, programmer le lave-vaisselle ou le lave-linge pour qu’ils tournent pendant ces plages permet de réduire le coût d’une partie de vos consommations les plus gourmandes.

De même, regrouper les cuissons, préférer des modes de cuisson adaptés et éviter de multiplier les petits allumages du four réduit la demande électrique. Il ne s’agit pas de transformer chaque pause en séance d’optimisation millimétrée, mais de profiter de la flexibilité du télétravail pour adopter des habitudes un peu plus stratégiques, sans que cela devienne une contrainte.

Ne pas surchauffer sous prétexte que l’on reste assis

En télétravail, on bouge souvent moins qu’au bureau. On reste assis de longues heures, ce qui donne parfois envie de monter le chauffage au lieu d’ajouter une couche de vêtements. Pourtant, tous les guides de sobriété énergétique rappellent qu’un degré de plus sur le thermostat représente plusieurs pourcents de consommation en plus sur l’année. Plutôt que de régler la chaleur comme si vous étiez en tenue légère dans un logement où vous marchez beaucoup, il peut être plus intéressant de prévoir une tenue confortable et un peu plus chaude, avec un gilet ou un pull facilement ajoutable.

En gardant une température de consigne raisonnable, autour de 19 degrés dans le bureau, vous limitez l’impact du télétravail sur votre facture de chauffage, sans pour autant passer la journée à grelotter. C’est un arbitrage à faire une fois pour toutes, qui devient rapidement naturel quand on a trouvé la bonne combinaison de vêtements et de réglage. Les recommandations d’économie d’énergie soulignent que, même sans gros travaux, quelques gestes sur l’enveloppe du logement améliorent le confort et réduisent la consommation, ce qui est particulièrement utile quand on passe désormais plusieurs jours par semaine chez soi. Boucher les entrées d’air parasites, installer des bas de porte, fermer les volets la nuit en hiver, vérifier l’état des joints de fenêtres, sont des petites actions qui réduisent les courants d’air et les pertes de chaleur.

En télétravail, garder la porte de la pièce dans laquelle vous travaillez fermée permet aussi de concentrer la chaleur dans un volume plus restreint. Les autres pièces peuvent rester à une température plus basse, ce qui limite la surface à chauffer et donc l’énergie utilisée. Ce sont des ajustements discrets, peu coûteux, qui ne transforment pas votre appartement, mais qui changent la manière dont votre chauffage travaille pendant vos journées à la maison.

Surveiller l’impact réel sur la facture pour garder la main

Le risque, quand on se met en télétravail, est de se construire une représentation exagérée de l’effet sur la facture, ou au contraire de le sous-estimer. Les premières analyses menées par l’Ademe et d’autres acteurs montrent que l’augmentation de consommation liée au télétravail à domicile est réelle mais limitée, de l’ordre de quelques pourcents, tout en étant compensée au niveau global par la réduction des déplacements et des consommations dans les bureaux. Pour que vos efforts aient du sens, il est utile de comparer vos factures ou vos relevés de consommation avant et après le passage au télétravail, à période comparable. Certains fournisseurs et compteurs communicants permettent de suivre la consommation jour par jour.

En observant ces données, vous pouvez vérifier si vos ajustements (chauffage ciblé, lumière naturelle, extinction des appareils) se traduisent par une stabilisation ou une légère baisse de la consommation, malgré des journées supplémentaires passées chez vous. Cette boucle de retour vous évite de faire des efforts inutiles ou, au contraire, de passer à côté de gestes très efficaces.

Ajuster le contrat si le télétravail devient la norme et non l’exception

Si vous télétravaillez désormais plusieurs jours par semaine de manière durable, il peut être pertinent de revoir aussi votre contrat d’énergie. Certains guides de conseil rappellent qu’un changement de rythme de vie justifie de réexaminer sa puissance de compteur, son option tarifaire et son type d’offre. Si votre présence accrue à domicile provoque plus de simultanéité d’usages (chauffage, cuisson, appareils numériques), il faut vérifier que votre puissance reste adaptée. Si vos consommations ont augmenté à des moments précis de la journée, une option avec heures creuses pertinentes peut devenir intéressante.

Cela ne signifie pas qu’il faut impérativement changer de fournisseur dès que vous passez en télétravail, mais que cette nouvelle organisation est un bon moment pour vérifier si votre contrat colle encore à la réalité de votre usage. En alignant à la fois vos gestes et votre offre sur ce nouveau quotidien, vous limitez l’effet « boule de neige » de petites augmentations de consommation sur un contrat mal calibré.

Faire du télétravail une opportunité pour mieux piloter son énergie

Au fond, télétravailler plusieurs jours par semaine, c’est passer beaucoup plus de temps dans un logement dont vous ne perceviez pas forcément tous les comportements énergétiques. Cette présence accrue est une contrainte sur la facture, mais aussi une opportunité. Les professionnels de la maîtrise de l’énergie constatent que c’est souvent en étant davantage chez soi que l’on remarque les pièces les plus froides, les courants d’air, les appareils qui restent allumés, les habitudes de cuisson ou d’éclairage un peu ine caces. En profitant de ce temps à la maison pour observer, ajuster et tester différentes configurations, vous pouvez instaurer des routines qui vous serviront même les jours où vous ne télétravaillez pas.

Le réglage plus fin du chauffage, l’aménagement d’un coin bureau lumineux, la mise en place de multiprises avec interrupteur ou la reprogrammation du chauffe-eau resteront béné ques à long terme. Votre facture d’énergie ne re étera plus seulement le fait que vous êtes davantage à domicile, mais aussi le fait que vous avez pris la main sur la manière dont votre logement consomme. « classiques » qui font 2 à 3 jours maison / 2 à 3 jours bureau

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